Biologie médicale

Coordonnateur du DES et ses coordonnées

  • PR MORANGE Pierre
  • chef de service des laboratoires d’hématologie de Nord et de La Timone.
  • pierre.morange@ap-hm.fr

Il répond facilement aux mails.

Mot du référent

La biologie médicale est une spécialité méconnue mais néanmoins riche, variée et incontournable de la pratique médicale actuelle.
Elle présente l’inconvénient majeur de n’être pas (du tout) étudiée lors de l’externat et pourtant, elle participe à poser 70% des diagnostics en médecine.
On considère souvent que c’est au médecin de savoir interpréter directement ce qu’il prescrit. En pratique courante, de nombreux aspects de la biologie de routine et, à plus forte raison, de la biologie spécialisée sont méconnus des cliniciens et le biologiste apporte un véritable avis spécialisé dans certaines situations ou l’interprétation des résultats pose problème (interférences, pré-analytique, analyses complémentaires, diagnostics hématologiques, tests rares, orientation des prélèvements, conseil thérapeutique/antibiogrammes…).
La spécialité bénéficie en général d’une ambiance plus détendue avec des horaires moins lourds en comparaison des services cliniques. Cependant, la nécessité d’un rendu rapide des résultats et la responsabilité de certains diagnostics peuvent générer une certaine pression. Comme dans les autres spécialités, les gardes et astreintes font partie intégrante du quotidien de l’interne en biologie médicale. En revanche, il y a peu voir pas de contact avec le patient hors situations particulières (réalisation des prélèvements, consultations du centre d’exploration des pathologies hémorragiques et thrombotiques à la Timone, PMA et quelques avis infectieux).
Il s’agit d’une spécialité très diversifiée, avec de nombreux débouchés. Deux grandes voies : l’hospitalier (hospitalo-universitaire) et le laboratoire privé de ville.
Au CHU, le biologiste pratique une activité spécialisée mixte de routine et de recherche. Celle-ci est d’ailleurs largement accessible pendant l’internat avec la possibilité de participer à des études et des publications scientifiques, l’accès à l’année recherche avec master 2. Marseille bénéficie de plusieurs pôles d’excellence tels que l’IHU (Méditerranée Infection) ou les services d’onco-hématologie et thérapie cellulaire au sein desquels la recherche est fortement encouragée (pour ceux que ca intéresse évidemment). La prestation de conseil aux cliniciens, la participation aux staffs en service voir même aux visites et consultations (IHU, hémato et PMA) « font partie intégrante » du quotidien en CHU.
Nous avons aussi accès à une pratique plus polyvalente et moins spécialisée mais tout aussi intéressante dans les structures hospitalières de taille plus modeste telles que les CH d’Aubagne, Aix en Provence, Ajaccio…
La majorité d’entre nous poursuivront néanmoins leur carrière dans un laboratoire privé. La multiplicité des contrôles et des objectifs à remplir, souvent couteux, mais nécessaires pour accréditer les analyses, ont conduit à une disparition progressive des petits laboratoires indépendants au profit de plus grosses structures qui souffrent souvent d’une image peu attractive. Cependant, celles-ci offrent des perspectives d’évolution et d’activité extrêmement variées : centre pre/post qui bénéficient d’un contact étroit avec patients et cliniciens de ville, plateaux techniques polyvalents à la pointe de l’innovation, management d’équipe, gestion de la logistique, de la qualité et de l’aspect économique et financier… Le tout avec une qualité de vie souvent bien meilleure qu’en CHU. On note, par ailleurs, une ouverture progressive du privé aux analyses spécialisées telles que la biologie moléculaire ou de la reproduction témoignant d’une activité en constante évolution.
En résumé, la biologie médicale est une spécialité en perpétuel renouvellement, à la pointe de l’innovation et de la technologie, permettant une activité largement diversifiée, associant diagnostics de routine et de pathologies rares, recherche clinique et fondamentale, prestation de conseils aux cliniciens, réalisation de prélèvements variés, management d’équipe, enseignement, le tout avec des horaires corrects et une vie familiale possible et surtout… dans la même vie !
Julie QUESSADA

Maquette du DES

4ans = 8 semestres divisés en 3 phases : phase socle, d’approfondissement et de consolidation.

Formation pratique

Phase socle (4 semestres) : obligation de faire 1 stage dans chacune des spécialités suivantes:

  • Hématologie
  • Bactériologie / Virologie
  • Biochimie
  • et 1 choix libre : immunologie, biologie moléculaire, parasitologie, pharmaco-toxicologie…

Chaque stage faisant l’objet d’une validation théorique et pratique.

A la fin de cette phase, choix d’une option précoce ou « spécialité » :

  • Biologie générale
  • Médecine moléculaire/génétique/pharmacologie,
  • Hématologie/Immunologie
  • Agents infectieux
  • Biologie de la reproduction
  • Etablissement d’un contrat de formation à la fin de cette phase et présentation d’une maquette pour les 4 prochains semestres cohérente avec l’option choisie.

Approfondissement (2 semestres) : Deux stages en lien avec l’option précocechoisie puis réalisation de la thèse d’exercice à la fin de cette phase soit de la 3eme année d’internat.

Consolidation (2 semestres) : Statut de « docteur junior ». Deux stages en lien avec l’option précoce choisie puis réalisation du mémoire de DES à la fin de la dernière année d’internat.

A noter, les différentes maquettes et les spécificités en fonction des spécialités sont encore mal définies et analysées au cas par cas. La plupart du temps il faudra avoir réalisé 3 voir 4 stages en lien avec l’option précoce au cours des deux dernières années. Pour plus d’information, me contacter. 

Par ailleurs, sur l’ensemble des stages : au moins 3 dans un lieu avec encadrement universitaire et au moins 2 dans un lieu sans encadrement universitaire.

 Le diplôme de DES de Biologie Médicale (avec une option Biologie Polyvalente ou une option Biologie Spécialisée, mais c’est le même diplôme donc le même DES) est délivré aux candidats ayant :

  • Effectué la durée totale de l’internat
  • Accompli et validé la formation pratique et théorique conformément au projet professionnel
  • Obtenu les attestations de capacité correspondant aux différents actes de prélèvement, en vue d’analyses de biologie (exemple l’attestation paludisme obligatoire pour les biologistes polyvalents)
  • Soutenu une thèse d’exercice à la fin de la 3eme année.
  • Soutenu un mémoire de DES de BM à la fin de la 4eme année. 

Formation théorique 

A la fin de chaque semestre de la phase socle, il existe une validation théorique que l’on appelle par abus « DES » (d’hématologie/immunologie, de bactériologie/virologie/parasitologie et de biochimie/biologie moléculaire) mais qui n’est que la validation d’une spécialité de phase socle et qui est obligatoire pour la validation du vrai DES de biologie médicale à la fin de l’internat. En pratique, il existe un examen écrit et/ou oral à la fin de chaque stage obligatoire au cours duquel sont organisés des cours 1 fois/semaine. A noter que la partie immunologie du DES d’hématologie est passée au cours du stage libre.
Depuis la réforme du 3eme cycle, il est aussi nécessaire de valider la module de prélèvement : ponction veineuse, prélèvements vaginaux, gazométries artérielles, ponction de moelle, prélèvements de lésions cutanés avec formations théoriques et organisation de séances de prélèvements (encore en cours d’organisation). Enfin, un module de formation qualité, en cours de mise en place, doit aussi être validé avec une séance de formation organisée par an. Les modules sont à valider au cours de la phase socle. Un examen de validation générale de cette phase est en cours de mise en place.

Formations spécialisées transversales

Les internes pourront candidater à une « FST » afin de compléter leurs formations en fonction de leur projet professionnel et en regard des besoins de santé. Celles-ci seront réalisées après les 4ans d’internat.
La liste exhaustive, le nombre de places et les modalités de sélections restent encore mal définies. Dans la théorie :

  • Bio informatique
  • Génétique et médecine moléculaire bioclinique
  • Hématologie bioclinique
  • Hygiène prévention de l’infection, résistance et vigilance
  • Nutrition appliquée
  • Pharmacologie médicale / thérapeutique
  • Thérapie cellulaire

Inconvénients de la spécialité

Contact avec le patient : Largement moins important voir absent en comparaison des autres spécialités médicales. Reste possible dans certaines situations particulières citées plus haut.
Contact avec les autres médecins : Pas toujours évident, surtout en lien avec les multiples appels que l’on doit passer afin de transmettre des résultats très pathologiques, souvent considérés comme inutiles par les cliniciens. Cependant, l’alerte rapide donnée oralement au médecin sur certains résultats pas forcément regardés peut s’avérer nécessaire. De même, que le recueil de certaines données cliniques ou thérapeutique indispensables pour valider et/ou interpréter les résultats. Données qui devraient être notées sur les bons de demande… en théorie !

Lien vers les associations nationales et marseillaises

L’asso des internes en pharmacie et biologie médicale (AMIPBM) : il faut savoir que la majorité des internes en biologie médicale sont des pharmaciens et que pour eux la biologie est la spécialité la plus difficile à obtenir, en tout cas la plus demandée parmi les pharmaciens qui font l’internat. Ils se battent du coup beaucoup plus que les biologistes médecins et ont plus de poids du fait de leur nombre. L’ensemble des actions menées pour défendre les intérêts des internes en biologie viennent des pharma il ne faut pas l’oublier: Votre lien

L’asso nationale des pharma (FNSIP-BM) : Votre lien (http://www.fnsipbm.fr/)
Le syndicat des jeunes biologistes médicaux : Votre lien